2012, année Ayraultique !

Publié le par l'agora de Bretagne

Si la normalité confine à l’ennui, nous voilà bien servi ! En choisissant Jean-Marc AYRAULT comme Premier ministre, François HOLLANDE a fait le choix d’éviter les secousses dans un pays déjà traumatisé par la crise. Que connait-on finalement du maire de Nantes si ce n’est son côté indéboulonnable dans les fonctions qu’il occupe ? On ne peut pas dire qu’il ait échoué à transformer sa ville ce qui est déjà pas si mal en soi mais qui n’en fait pas pour autant un homme d’Etat en capacité d’affronter la crise. A priori. 

 

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A priori car la force des discrets est fatalement de finir par étonner voire même surprendre. Nous verrons donc bien à l’usage. Il n’a certainement pas atterri à Matignon par hasard. L’art du compromis que l’on lui concède volontiers est certainement un atout véritable pour un Président de la République qui devra affronter les turbulences et les trous d’air de la crise. Il faudra avancer uni et donc user de diplomatie.

 

Alors bien entendu, du côté de la Bretagne, on n’ignore pas la farouche opposition du bonhomme à la réunification. On n’ignore pas non plus l’appétit métropolitain du maire de Nantes qui tourne ostensiblement le dos à notre région. On n’ignore pas enfin son goût pour des projets archaïques comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes qui révèlent finalement une inquiétante incapacité à s’adapter aux évolutions et aux réalités du monde.

 

On ne peut finalement, a priori toujours, qu’être inquiet de cette nomination par un Président qui souhaite pourtant renouer le dialogue social, territorial et même environnemental. Le caractère autiste de M. AYRAULT n’augure rien de bon dans cette volonté de retisser des liens avec la société. Et quid de la réforme territoriale, quid de la décentralisation ? Les régionalistes peuvent être inquiets et la société également car on sait que les adeptes de la métropolisation, processus libéral reaganien par essence, n’ont que faire des multiples fractures qu’engendre cette vision de l’espace et de la vie en réseaux. Il ne faudrait pas que cet ancien poperéniste, un temps attaché à la lutte des classes comme grille de lecture puis converti au réformisme des vaincus –tout sauf celui de Mendes-France ou de Rocard - oublie que les révolutions imaginées par Marx dans les sociétés avancées industrielles, avec à leur tête des prolétaires, ont toujours éclaté dans les campagnes, dans des pays certes marqués par la féodalité, mais à la campagne. Le vote Front national est tout sauf une plaisanterie, il a même sa logique géographique et c’est une véritable épée de Damoclès. 

 

Bref, on ne peut parler ce jour de bonne nouvelle pour les régionalistes et écologistes de ce pays mais il va bien falloir faire de mauvaise fortune bon cœur et surtout rester mobiliser pour défendre notre vision et notre organisation de la démocratie et ainsi faire basculer les futurs compromis en notre faveur. Et puis, à ce stade, passé la déception, on se dit que Jean-Marc AYRAULT, aux commandes de Matignon, va peut-être opérer un virage à 90°. Il est urgent de le laisser s’installer dans ses fonctions et finalement de ne pas le condamner par avance. Il faudra bien faire avec. Nous verrons assez rapidement s’il y a un pilote dans l’avion et où il nous mène. 

Publié dans POLITIQUE

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