n* 30 : AIR Sarko One

Publié le par l'agora de Bretagne

La chronique de Nicolas KERDRAON

 

A l'occasion des élections présidentielles, et pour se détendre ou se faire peur c'est selon, l'Agora de Bretagne vous offre un petit voyage dans le temps. Revenons en 30 jours sur 30 évènements symboliques de la période Sarkozyste. L'Agora de Bretagne est heureuse de vous proposer, Sarko 2007-2012, le Best-of !  

 

En ce 28 mars 2012, N°30 : “Air Sarko One”

 

Nicolas Sarkozy a toujours été un admirateur des Etats-Unis et un atlantiste invétéré. Il a donc voulu, dès son arrivée au pouvoir, copier le Président américain et son célèbre « Air Force One », immortalisé à l’écran par une prestation de haute-voltige d’Harrison Ford. 

 

Alors que la France disposait, pour ses services diplomatiques, d’avions en grands nombres et de grandes qualités, d’un coût déjà très élevé pour le contribuable, Sarkozy n’a pas pu s’empêcher de s’offrir un nouveau jouet pour rivaliser, ne serait-ce qu’en apparence, avec le « maître du monde ». L’appareil, un A330 livré en 2010 et permettant d’embarquer une soixantaine de personnes (ce type d’avion embarque habituellement 350 personnes) aurait coûté 176 M€ d’après une commission d’enquête de l’Assemblée Nationale, 259,5 M€ d’après la Cour des comptes. Le PS, choqué par le coût de l’avion, a ferraillé sur ce thème à l’assemblée nationale : "Tandis que les rapports présentés aujourd'hui dans l'hémicycle nous ont montré que les besoins des Armées sont très importants, et alors que les déficits structurels de notre pays ne font qu'augmenter et que le dernier rapport du Secours catholique dénonce la montée de la pauvreté en France, il est absolument inadmissible que le Président de la République s'octroie 187 millions simplement pour se déplacer", d’après Patricia Adam, Députée de Brest.

 

Face à ces attaques, l’argumentaire de l’Elysée était bien rodé : l'avion a été acheté d’occasion pour ne pas perdre un temps précieux en escales et les deux anciens A319 sont revendus. Pourtant, le prix payé semble discutable comme l’indique Didier Migaud, Premier président de la Cour des comptes : « le prix payé par l’Etat a donc correspondu à la limite haute d’une fourchette applicable à un avion plus récent de cinq ans et ayant trois fois moins d’heures de vol ». Nous avons donc payé cet avion « de confort présidentiel ». Bien trop cher. Le coût de l’heure de vol de Air Sarko One est estimé à 20.000 euros.

 

A cela il convient d’ajouter que l’aéroport de Villacoublay a dû être aménagé pour pouvoir accueillir le « bestiau », mais pas seulement pour cette raison ce qui rend l’estimation du coût imputable aux caprices de sa « majesté », difficile et périlleuse.

 

agora Air sarko one

 

Nicolas Sarkozy y a ses habitudes. Un détail significatif parmi tant d’autres : dans la salle de réunion, le candidat de l’UMP s’assoit toujours à la même place et son siège est le seul à disposer d’accoudoirs. L’envie de toujours montrer qui est le patron sans doute !

 

Evidemment, les amis (Basile Boli, Xavier Beulin le patron de la FNSEA, et bien d’autres) y sont invités occasionnellement. Les ministres, et le reste de la cour, se presse dans l’avion à chaque « invitation ».

 

« Air Sarko One » n’est finalement qu’une péripétie mais il donne une idée intéressante de l’égo surdimensionné et la mégalomanie de l’actuel locataire de l’Elysée.

 

Demain, une nouvelle piqure de rappel dans Sarko 2007-2012, le Best of !

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