Avoir le courage de la transgression pour « déclôturer l’imaginaire » !

Publié le par l'agora de Bretagne

L’agora, dans sa conception grecque, est la place des institutions publiques. Elle est avant tout un lieu de rassemblement propice à l’échange. Ce site est par conséquent un lieu ouvert aux débats mais aussi au partage d’expériences. De la pensée au concret et vice-versa, en résonance !

bandeau agora

Dans un monde hyper mobile qui se cherche, les expériences sont absolument nécessaires. Toutefois, elles ne prennent sens qu’à la condition d’être critiquées à l’aune de ce qu’elles prétendent être pour ensuite être partagées ou stimuler de nouvelles initiatives. « Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit » résume assez bien la démarche qui est ici la nôtre : démontrer que notre action est cohérente avec nos discours tout en allant à la rencontre d’acteurs qui, comme nous, vivent l’écologie au quotidien de manière pragmatique.

Les enjeux du XXIè siècle sont dorénavant bien connus. Partout, sur les territoires, des acteurs entreprennent d’apporter des solutions originales aux problèmes sociaux, environnementaux et économiques. Ces  réponses méritent d’être mieux interconnectées car elles constituent au fond la matrice de l’écologie dans l’action que nous promouvons. Si nous considérons que la problématique écologique demeure profondément politique, nous pensons qu’elle doit être extraite de sa gangue idéologique. L’écologie est tout sauf un prêche nombriliste destiné à des croyants. C’est bien dans le pragmatisme et le polymorphisme qui la caractérise qu’elle se révèle progressiste et ouverte sur la réalité du monde, car confrontée à lui !

Bien entendu, isolées, la somme des actions entreprises sur nos territoires, que ce soit dans le domaine des énergies avec par exemple la boucle électrique initiée dans le Mené ou encore les opérations d’urbanisme soutenable portées par le réseau BRUDED, ne suffira pas à inverser une logique de développement qui puise ses racines dans le capitalisme agrémenté à la sauce libérale et le productivisme. Il s’agit donc bien de les recenser, de les comprendre, de les titiller (positivement) et de les valoriser comme source potentielle de la métamorphose engagée au cœur de la société, au plus près des citoyens et bien souvent avec eux car ils sont par définition avides de s’impliquer.

L’idée ici n’est surtout pas de délivrer un certificat de « vertitude » mais de mettre en lumière l’existence d’une pensée en mouvement qui a prise avec la complexité du réel sans le subir, loin des polémiques politiciennes qui étouffent la vie des partis politiques et bouchent l’horizon de l’espoir en un changement dont le contenu reste à imaginer.

Dans cet agora, ce ne sont pas les appareils des partis politiques qui sont invités à s’exprimer mais bien les individus, quels qu’ils soient, pour un peu qu’ils se retrouvent dans le progressisme écologique que nous prônons. C’est l’autre versant de notre agora, l’espace de débats où, loin d’un prêt à penser, des points de vue peuvent s’opposer ou se compléter, jouer du contre-pied, détourner, oser, et à coup sûr enrichir les réflexions des uns et des autres.

Cela fait des lustres que les organisations héritées du XIXè siècle ne correspondent plus aux attentes et à la réalité de la vie des citoyens. Des penseurs comme André GORZ ou encore Cornélius CASTORIADIS ont souligné il y a plus de 30 ans l’obsolescence des partis et des syndicats et, derrière, de la militance classique dont la parole est organisée quand elle n’est pas tout simplement contrôlée statutairement, finalement privatisée et bureaucratisée. La structure se nourrit ainsi des luttes internes pour son contrôle en fonction d’ambitions personnelles alors qu’elle devrait être au service des opinions débattues égalitairement en son sein. C’est ainsi que les décideurs politiques se coupent de la réalité ou des désirs du monde, qu’il soit besogneux ou intellectuel, ou bien qu’ils le dominent de leur expertise non contredite, nous sommes alors dans un imaginaire clos. C’est ainsi que même les héritiers « naturels » du progressisme –la gauche pour le dire vite- s’enlisent dans un conservatisme instinctif quand bien même la société ne cesse de se recréer, de se renouveler, car il y a tout simplement une aspiration à la vie, à l’autonomie ! Le désenchantement du monde accentué par des écologistes aux accents trop souvent millénaristes (le retour du règne de la nature) plombe le ressort des possibles, de cet imaginaire salvateur qui se construit en actes et en paroles, en toute liberté.

L’ouverture n’est pas ici un vain mot, elle est tout simplement l’essence de cette agora, ce qui en fait sa raison d’être, justement dans le but, peut-être prétentieux mais ô combien nécessaire, de dessiner un nouvel espace commun non institutionnel, virtuel, souple mais porteur d’avenir, sur des bases démocrates, écologistes, européennes et régionalistes, en un mot progressistes. Il faut avoir ici et maintenant le courage de la transgression !

Christophe KERGOSIEN & Pierrick MORIN

Publié dans POLITIQUE

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