Climat. Pour Dominique Ramard, "la question est économique"

Publié le par l'agora de Bretagne

 

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Dominique Ramard, président de la Commission Environnement et délégué à l’Energie du Conseil régional de Bretagne, est actuellement au sommet climatique de Durban, en Afrique du Sud. Il accepté de répondre aux questions de l’Agora.

 

L’Agora. Pourquoi une région comme la Bretagne se rend-elle à la Conférence de Durban (COP17) ?

Dominique Ramard. C'est la sixième COP (Conférence des Parties) sur le changement climatique à laquelle se rend la Bretagne. J'ai participé l'an dernier avec le Président Le Drian à celle qui a eu lieu à Cancùn et au cours de laquelle le niveau subnational (région, états fédérés, provinces, villes...) a été reconnu.

Cet événement est aussi l'occasion pour la Bretagne de retrouver d'autres régions du Monde avec lesquelles elle collabore tout au long de l'année. Nos principaux partenaires sont aujourd'hui le Québec, la Catalogne, le Pays Basque, les Etats de Sao Paulo et de Rio. Le Pays de Galles, avec lequel nous avons une coopération privilégiée (Le Premier Ministre Carwyn Jones est intervenu lors de la session de juin du Conseil régional) a d'ailleurs été mis en avant durant cette conférence pour la qualité de sa coopération avec la région de M'Bale en Ouganda.

Cristiana Figuerres, la secrétaire de la Convention des Nations Unies pour le Changement Climatique (UNFCCC), avait souhaité porter l'attention vers des initiatives locales exemplaires au cours d'un événement appelé « Momentum for change ». Cet événement présidé par Jacob Zuma, le président sud-africain et Ban Ki Moon, le secrétaire général des Nations unies, fut un grand moment pour le réseau nrg4SD (réseau des régions pour le développement durable dont la Bretagne est vice-présidente) : l'importance de l'action locale dans la lutte contre le changement climatique était une nouvelle fois reconnue.

A quels événements avez-vous participé en particulier ?

DR. A côté des séances plénières auxquelles nous pouvons assister en tant qu'observateur, se déroule une série de conférences « parallèles » organisées par des États, des ONG, des réseaux d'acteurs, des centres de recherche... Les deux réseaux internationaux de régions auxquels nous participons (nrg4SD et The Climate Group) ont d'ailleurs proposé un moment de présentation par des régions d'Europe, d'Amériques du Nord et du Sud, des initiatives qu'elles ont pu prendre dans le financement de l'action climatique. Nous avions sollicité deux experts, Climate Change Capital et CDC Climat. C'est d'ailleurs avec cette dernière, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, que le Conseil régional de Bretagne s'apprête à signer une convention.

Mon intervention lors de cette conférence « parallèle » a porté sur les termes de cette convention : étude de faisabilité pour la mise en place d'un fonds carbone breton, développement des connaissances en économie de l'environnement. Enfin, nous allons amplifier l'action volontariste des régions visant à démontrer la pertinence de l'échelon local pour agir contre le changement climatique et mobiliser les financements adaptés, notamment au travers de partenariats public-privé.

Je suis également intervenu lors du World Climate Summit (sommet mondial du climat), avec un focus porté plus directement sur la nécessaire transition économique, vers une économie bas-carbone, et aussi plus solidaire.

Que retenez-vous de cette participation à la COP 17 ?

DR. Que l'idée de développer une gouvernance multi-niveaux fait son chemin. Les échelons subnationaux sont reconnus et identifiés comme étant le niveau d'ores et déjà opérationnels dans la lutte contre le changement climatique. L'expérience de ces échelons en matière de coopération décentralisée permet à l'UNFCCC de se retourner vers les Etats pour leur démontrer qu'il est possible d'avancer significativement dans la voie d'un développement peu émetteur de carbone. Mais ceci nous engage, nous collectivités locales, à repenser nos coopérations décentralisées, afin que la question du changement climatique soit mieux intégrée : cela concerne entre autres les problématiques de l'eau, de l'alimentation, de la répartition des richesses... Car la question est bien économique. Comment pouvons-nous assurer un développement humain, tout en préservant les ressources naturelles et en évitant l'emballement climatique, avec les catastrophes qui pourraient en découler. Cela concerne l'ensemble des économies du monde, y compris en Bretagne, où nous devons développer l'économie verte.


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