Exercice de cartomancie politique Valls hésitation autour du nom du futur Premier ministre ?

Publié le par l'agora de Bretagne

Par Christophe KERGOSIEN

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Le constitutionnaliste Guy CARCASSONNE rappelait récemment dans le Monde que "le "premier" premier ministre d'un président qui vient d'être élu n'est pas choisi, il s'impose". Depuis quelques jours, les paris sont lancés et chacun a un avis ou une petite idée de celui ou de celle qui sera appelé à briguer cette haute fonction. Les sondeurs ont retenu quatre noms : Martine AUBRY, Jean-Marc AYRAULT, Michel SAPIN ou Manuel VALLS. Le résultat de ces probables soumis à l’appréciation d’un panel ? Martine AUBRY et Manuel VALLS arrivent en tête. Pourtant, dans la presse, c’est le nom du maire de Nantes qui revient le plus souvent sous la plume des journalistes. Pas plus tard que hier soir, le quotidien Le Monde imaginait que François HOLLANDE avait lâché du lest sur le projet aéroportuaire de Notre-Dames-des-Landes pour préserver la crédibilité de l’option AYRAULT. Il n’en faut pas plus pour confirmer à ceux qui le pensent qu’il est le grandissime favori. 

 

Toutefois, à méditer la réflexion de Guy CARCASSONNE, on met un peu d’eau dans son vin. Martine AUBRY ne s’impose pas, elle a pour elle deux inconvénients majeurs, le premier d’avoir été battue aux Primaires par François HOLLANDE, le second d’être restée Première secrétaire du Parti socialiste. Il semble ainsi peu probable que le nouveau Président de la République qui a fait du rassemblement pour le changement son mot d’ordre en appelle à l’expertise de Mme AUBRY. Ce serait pour le moins décalé par rapport à la campagne du candidat. 

 

Jean-Marc AYRAULT a été durant cette campagne un proche conseiller de François HOLLANDE tout comme Michel SAPIN. Mais on l’a finalement rarement vu en première ligne, et certainement beaucoup moins que Michel SAPIN qui est régulièrement monté au créneau sur les questions fiscales et économiques. Ce n’est pas forcément le facteur de proximité et de fidélité qui constitue le premier critère de choix d’un Premier ministre, ni celui de la compétence car à ce niveau ils n’ont plus besoin de le démontrer. La question est évidemment politique, c’est celle du sens de la nomination, du premier message envoyé aux électeurs. 

 

Et dans ce cas, la solution Manuel VALLS est certainement la plus cohérente et la plus représentative de la dynamique de campagne de François HOLLANDE. Il faut dire que Manuel VALLS était aux manettes de la campagne HOLLANDE, dès le lendemain des Primaires socialistes où, s’il a perdu au 1er tour, il a su brillé et justement s’imposer ! Il a démontré à cette occasion que les habits de Premier ministre ne taillaient pas trop grands pour lui. Le sens de la défaite aux Primaires n’est ici pas du tout le même que pour Martine AUBRY car lui, dès le départ, n’avait aucune chance de l’emporter. Il était présent « pour se faire la main » et pour porter son discours dans le débat. Il a été aussi le premier, spontanément, à déclarer son soutien à François HOLLANDE en vue du second tour de la Primaire. 

 

Propulsé dans le quarteron des proches du candidat, c’est aussi lui qui a impulsé sa campagne avec au final le succès que l’on sait. Au rang des prétendants, il est certainement le plus ouvert au centre (certains disant carrément qu’il est de droite !) ce qui correspond sans coïncidence avec le ton du candidat Hollande depuis janvier 2011 et totalement assumé lors du débat avec Nicolas SARKOZY. Enfin, chargé de la communication et de la presse au cabinet du Premier ministre Lionel JOSPIN, il a l’énorme avantage d’avoir une idée très précise de la fonction tout en représentant, malgré son expérience, le renouvellement générationnel en politique. 

 

Tout ceci n’est que supposition mais celui que l’Agora avait pu rencontrer à l’occasion de la campagne des Primaires http://www.lagoradebretagne.fr/article-primaires-citoyennes-manuel-valls-face-a-l-agora-de-bretagne-84965477.html a de bonnes cartes en main. S’agit-il des meilleures ? François HOLLANDE prendra-t-il le risque de voir froncer les sourcils de Jean-Luc MELENCHON à la veille des législatives ? Il faudra attendre mardi pour avoir une réponse mais sur ce dernier point, une petite négociation d’appareil politique à appareil politique devrait suffire pour étouffer la colère du Front de Gauche. Il n’est pas certain dans ce cas que les Verts en ressortent gaillards même dans les circonscriptions qui leur sont réservées. Mais ce qui a été fait à l’automne peut être défait au printemps et en l’occurrence ce n’est pas l’hirondelle mais bien François HOLLANDE qui a fait le printemps !

Publié dans POLITIQUE

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