François Hollande, l’autre président possible

Publié le par l'agora de Bretagne

La gauche ne doit pas l’oublier, Nicolas Sarkozy sera un redoutable candidat

François Hollande, l’autre président possible

 

Par Christophe KERGOSIEN

 

C’est un être hybride qui s’est présenté jeudi dernier sur la presqu’île de Crozon. D’un côté un Président de la République qui égrène quelques annonces, de l’autre le candidat Nicolas Sarkozy en campagne. La première partie du « Sarko tour » vient d’être lancée, celle qui s’opère aux frais du contribuable et qui permet au futur candidat de profiter à plein de son statut princier. Nicolas Sarkozy va utiliser dans les prochains mois cette rampe de lancement idéale, on va le voir courir la campagne, faire la démonstration que lui décide, « l’Etat, c’est moi ! », et distiller des gages pour l’avenir à ceux qui sauront l’entendre, les « écolos intégristes ». 

 

 

« Le redoutable » est un sous-marin qui a sillonné les eaux bretonnes. Ce nom décrit parfaitement les qualités de l’animal politique Sarkozy qui sera débarrassé dans quelques mois de ses habits de Président, des habits qu’il aura su user à bon escient avant de se débarrasser pour assouvir sa soif d’en découdre. On assiste en ce moment à la remontée en surface du redoutable candidat Sarkozy et cette remontée, à coup de visites et d’annonces médiatisées et médiatiques va se mesurer par une reconquête des points de popularité perdus ces derniers mois. Il ne retrouvera pas la cote qui était la sienne au début de sa mandature, l’exercice et l’usure du pouvoir étant passés par là, mais il va reprendre du poil de la bête.

 

La gauche veut-elle gagner ou bien se comporter ?

 

Les choses sérieuses commencent, avec dans l’immédiat une « drôle de guerre des positions » qui varient en fonction des intuitions et des mouvements extérieurs, des évènements mais aussi des adversaires potentiels, qui sont commentés et analysés pour définir le code génétique du candidat. Cette première phase est des plus décisives car en politique, comme pour une partie d’échecs, quand on ouvre le jeu, on sait comment le terminer, tout changement stratégique en cours de partie s’avère mortel.

 

Nicolas Sarkozy a certes le désavantage par rapport à ses concurrents de devoir assumer un bilan mais il a le grand avantage d’être légitime. Les soubresauts à droite avec l’émergence de certaines velléités ne semblent pas avoir entamé la confiance de la troupe en son chef. Il reste reconnu par les siens ce qui est essentiel au moment de se présenter devant les Français. Il sait aussi que ce n’est pas un bilan qui fait un bon candidat mais bien la dynamique de campagne, la capacité à dépasser le temps présent pour projeter le pays dans l’avenir.

 

La gauche aura donc fort à faire pour le déloger de l’Elysée. Le candidat le mieux à même de réussir sera celui qui conjuguera deux éléments essentiels : la capacité de rassembler la gauche et en même temps d’aller au-delà de ces limites naturelles pour glaner les voix du centre et de la droite indispensables à la reconquête de Présidence de la République. Et dans ce registre, si on se place sur l’échiquier politique actuel, en considérant une fin de partie victorieuse en 2012, François Hollande apparaît le mieux armé pour défaire le « redoutable » Sarkozy. La gauche choisira-t-elle d’ouvrir le jeu avec celui qui potentiellement peut être « triomphant » ? Ou lui préféra-t-elle, dans son besoin de retrouver une identité forte, Martine Aubry qui incarne peut-être mieux ses valeurs ?

 

Aux électeurs à la primaire socialiste de trancher mais il faudra qu’ils gardent en mémoire que l’objectif final est bien de gagner une partie politique essentielle face à Nicolas Sarkozy dont un second passage victorieux devant les urnes ferait figure de blanc-seing pour le chantre français du libéralisme. Il ne s’agit pas d’élire à la primaire le ou la meilleure socialiste car cela les Français n’en ont rien à faire mais bien celui ou celle en capacité d’incarner un changement crédible. La victoire pour les progressistes est possible à la condition de s’en donner l’ambition et les moyens.

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