Gabriel Cohn-Bendit : «Ayatollah de toutes tendances dispersez-vous!»

Publié le par l'agora de Bretagne

Les primaires redonnent toute sa valeur au débat. Et ce débat – de fond – passe aussi par la stratégie énergétique des 50 prochaines années… Ça n’est pas gagné, les primaires ont ouvert le débat, et c’est dans la campagne électorale qu’on le poursuit. Certains Ayatollah prennent le débat par le petit bout de la lorgnette et nous font croire qu’on rejoue le match pro-nucléaire contre anti-nucléaire. Ne s'est-il rien passé à Fukushima?

Pour les pro-nucléaire, il ne s’est rien passé à Fukushima. C'est une honte que de profiter du malheur des Japonais pour remettre en cause la voie glorieuse du nucléaire. Le nucléaire, c'est l'avenir énergétique de l'humanité. Que mille centrales fleurissent en Chine, en Inde, en Afrique, en Amérique du sud, sans oublier l'Europe de l'Est et l'Humanité pourra dormir tranquille et ne pas penser aux accidents possibles.

A Fukushima, ils avaient le nucléaire et aujourd’hui au Japon, ils ont la bougie. Sait-on que seulement 40% de la capacité électrique du pays est toujours opérationnelle, et que c’est principalement du conventionnel et du renouvelable? 1973, on a eu le choc pétrolier, on a agi. 2011, Fukushima, choc émotionnel, social et sanitaire sans précédent. On fait quoi?

Pour les Ayatollah anti-nucléaire il faut en sortir DE SUITE. En 5 à 10 ans maxi. Sans quoi on est un vulgaire nucléocrate! Pourtant, Fukushima a ébranlé de nombreuses certitudes chez des pro-nucléaire, qui aujourd’hui s’interrogent ou deviennent post-nucléaires. Bien sûr, le plus vite possible sera le mieux. Mais dans "le plus vite possible" n'oublions pas POSSIBLE. En passant, fortement par les économies d’énergies, et par les énergies renouvelables. Et en n’oubliant personne au bord du chemin : la facture énergétique doit être contenue. Le développement assuré de la filière en France créera l’emploi que les atermoiements post-Grenelle ont détruit, développera l’innovation et nous remettra au point à l’international.

STOP - Arrêtons de nous laisser instrumentaliser par les uns ou les autres, faisons entendre notre voix! Comme disent nos amis chinois, la fin importe plus que le chemin…sauf que l’on ne connaît pas la fin, mais l’on voit le chemin. Il ne sert à rien de s’affoler pour prédire à quelle date précise la transition sera terminée. On n’a pas besoin d’une prédiction, mais d’une stratégie. Il est temps que la France commence enfin sa révolution énergétique et ne se laisse pas enfermer dans une dépendance mono-énergétique mortifère.

Ce n’est qu’un début…continuons le débat. Sans le laisser confisqué par les sectes intégristes. Et ça n’est pas uniquement un débat d’experts, non plus. Ce débat citoyen commencera avant la prochaine élection présidentielle. C’est aux candidats de s’en emparer, le débat sera déterminant pour le premier tour, il continuera après. Certains d’entre nous aimeraient le voir culminer par un référendum. Il parlera du quoi, du quand et du comment! Il commence MAINTENANT.

Gabriel Cohn-Bendit

samedi 22 octobre 2011

Gabriel-Cohn-Bendit 

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Tortelier 25/10/2011 18:41


Mais pourquoi veut il voir des intégristes et des ayatollahs partout ? Il fallait parait il participer aux primaires, pour au final avoir comme candidat de "rassemblement" Hollande ! Quel bilan !
c'est bête car c'est celui qui ne veut pas sortir du nucléaire mais seulement diminuer de 50% en 2050 et ça ne mange pas de pain puisqu'en 2050 il ne sera plus là et moi non plus d'ailleurs. Que
dit il pour l'epr, penly, fessenheim car c'est dès le lendemain de son élection qu'il va falloir qu'il commence la sortie du nucléaire