L'écologie à l'Élysée avec François HOLLANDE

Publié le par l'agora de Bretagne

Par Daniel CUEFF

 

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L'affaire est dite. Si François HOLLANDE  est au second tour de la présidentielle, il faudra un vaste mouvement social pour conduire la Gauche au pouvoir et faire mentir cet invariant de la vie politique européenne : la crise aboutit toujours à un vote à droite (même en 1968, la révolution pacifique des mœurs a fini par une victoire électorale écrasante de DE GAULLE en 1969).

 

Pour faire mentir les invariants de l'Histoire, il s'agit pour François HOLLANDE d'arriver en  tête de tous les candidats au premier tour pour engager une forte dynamique au second tour.
Pour que François Hollande arrive en tête à gauche, il faudra que le vote des écologistes pour leur candidate naturelle Eva JOLY soit le plus faible possible pour se porter dès le premier tour sur François HOLLANDE puisqu'il y a peu de chance que les électeurs traditionnels de l'extrême gauche le fassent, eux qui rappelons-le, ne souhaitent pas gérer les affaires tant que la Révolution ne sera pas engagée.

 

Pour que François HOLLANDE puisse convaincre les électeurs écologistes, par ailleurs assez volages, il faudra qu'il puisse échapper à la logique des appareils et des négociations d'appareils qui donneraient l'impression d'être pieds et poings liés à des accords programmatiques.

 

L'électorat de la droite centriste et sociale qui ne veut plus de Nicolas SARKOZY ne supporterait pas cette logique d'appareils. Il en est probablement de même de l'électorat socialiste fatigué des querelles au sein de l'appareil, querelles qui peuvent revenir à tout moment à la faveur d'une proposition programmatique trop précise. On voit déjà les dégâts médiatiques de la question pourtant légitime des postes dans l'Education nationale.

 

Le mode de scrutin présidentiel impose au contraire  au candidat HOLLANDE une vision de la société plus qu'un programme de gouvernement. François HOLLANDE a raison de ne pas rechercher des accords trop précis avec Les Verts et même à les refuser strictement, quitte pour se débarrasser du problème à régler vite la question des circonscriptions partagées, sans condition aucune.

 

Pour autant la question écologique ne pourra pas être absente des débats et François HOLLANDE devra donner le signe d'une écologie de l'action, une écologie sociale et une écologie aux solutions partagées et positives pour contribuer à sortir des crises sociales, économiques et écologiques. 

 

Prenons ainsi la question de la croissance. Elle sera au centre de la campagne de François HOLLANDE comme solution à la crise. Les Français n'y croiront pas sauf si la croissance traduit la métamorphose vers une économie verte qui passe par plusieurs axes d'action dont :

 

la reterrorialisation de l'industrie

l'industrie liée aux services (ex: la production de véhicules décartonnés liés à des services de mobilités partagées)

la métamorphose énergétique

la définition des biens communs parmi lesquels figurent l'eau, l'énergie, le foncier 

la métamorphose des institutions sociales d'aides aux plus modestes qui doivent être au service des plus pauvres et non l'inverse (CAF, Jeunesse et sport). La culture CCAS doit reprendre le dessus.

 

Si le candidat de la Gauche est bien François HOLLANDE,, c'est bien avec François HOLLANDE qu'il faut discuter de la question écologique hors des partis au sein d'une vaste Agora où la question de l'écologie en action sera donc libérée des fatigantes logiques d'appareils qui conduisent à des solutions toute faites, parfois dogmatiques, qui mécaniquement, par renoncement à l'analyse de la complexité chère à Edgard MORIN, sont souvent conservatrices malgré les apparences.

 

Au contraire, l'esquisse d'une République des territoires dont parle notamment Jean-Yves LE DRIAN où l'implication citoyenne est forte et l'inventivité des collectivités mise à contribution permettra une gouvernance libérant les initiatives et les solutions face aux problèmes qui se posent à nous tous.

La démocratie est une force face à l'oligarchie financière.

L'expérience bretonne doit être regardée de près, non comme reproductible mais comme un acquis  d'expérience politique et citoyenne porteuse d'innovation :

 

la question des algues vertes où sur deux territoires de Bretagne est en marche une mobilisation de tous les acteurs pour résoudre la problématique des intrants azotés et, bien au delà, la mise en œuvre d'un modèle agricole porteur de valeurs ajoutées économiques et agro environnementales conséquentes. Il se joue là une forme de démocratie implicative que nous avons défendue lors des régionale 2010 où les expertises et compétences disponibles se mobilisent sur un sujet économique et social majeur ;

 

la question de la faiblesse énergétique de la Bretagne qui passe par l'implication des territoires pour la Maitrise de la Demande Électrique et la production territorialisée d'énergies renouvelables , tout cela en cohérence avec un Pacte électrique breton qui est l'exemple à la fois d'une métamorphose vers la sobriété électrique et aussi une modalité de sortie programmée du nucléaire grâce à une centrale d'appoint au gaz transitoire dans le temps et dans l'espace. Ce Pacte électrique breton préfigure un pacte électrique national montrant la dialectique nécessaire entre l'État et les Régions de France et d'Europe. 

 

Continuons donc avec François HOLLANDE l'expérience conduite en Bretagne avec Jean-Yves LE DRIAN car, une fois encore, la Bretagne est en avance de démocratie.

 

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