Hollande 2012-2017, épisode 1 : "enfin, ... l'espoir !"

Publié le par l'agora de Bretagne

Le 6 mai 2012. 31 ans après François Mitterand, un autre François, François Hollande, écrit une nouvelle page de l'histoire de la gauche et du pays. Dans son premier discours de Président élu, il aura conservé une certaine gravité, liée à la responsabilité qui est désormais la sienne au moment où il prend le pouvoir dans des circonstances très particulières.

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François Hollande est probablement conscient que sa candidature a aussi été porté par l'anti-Sarkozysme. L'anti-Sarkozysme n'est pas né au Fouquet's car il avait déjà porté la candidature de François Bayrou en 2007. Mais cette victoire, la victoire d'un socialiste à l'élection présidentielle, reste un exploit. Un exploit car la France n'est pas (encore) une terre de gauche. Cette élection l'a encore démontré. Après le discours de Grenoble, après le discours de Dakar, les circulaires sur le roms, le bouclier fiscal, le bling-bling, les incidents diplomatiques, l'EPAD et surtout les affaires Bettencourt, Karachi et Kadhafi, Nicolas Sarkozy n'est pas passé loin de sa réélection. Il aura, à tout le moins, mieux réussi sa sortie que celui qui semble devoir être son modèle d'un point de vue électoral, Valery Giscard d'Estaing. François Hollande devra garder à l'esprit le score du premier tour : 44% de voix de gauche. Seulement. Malgré les inégalités, le chômage, la dette et le démantèlement des services publics. Un énorme et long travail est engagé par les collectivité locales de gauche pour changer la France au plus près des préoccupations des citoyens. Au quotidien, par des politiques plus responsables écologiquement, en luttant contre l'exclusion, les inégalités, le chômage et pour les services publics de qualité, les collectivités de gauche sont un socles pour rendre majoritaires en France, la gauche et ses valeurs. L'élection de François Hollande vient renforcer ce mouvement qui se fait aussi contre l'ultra-libéralisme mondiale et européen. Peut-être est-ce une première étape sur le chemin d'une Europe sociale et vraiment démocratique ? C'est l'espoir qu'apporte aussi cette victoire.

François Hollande est visiblement un homme pugnace et un animal politique beaucoup plus fin et complexe que certains ont bien voulu décrire. Alors que la gauche se vautrait dans le Bling-Bling à son tour avec DSK, Hollande traçait son chemin. Il n'a jamais quitté son sillon. Il a fixé ses priorités, il y a plus d'un an. Le rassemblement, face à une droite de division. La jeunesse, face une droite servant son électorat retraité et démantelant l'école. Une grande réforme fiscale pour réintroduire la justice dans notre pays et dans nos comptes publics. Un nouvel élan à la décentralisation quand Nicolas Sarkozy n'aura eu de cesse de centraliser et de stigmatiser les collectivités locales … trop à gauche à son goût. Cette victoire est celle de la solidité dans la tempête contre l'agitation stérile et puérile du Président sortant.

Cette victoire, courte mais réelle, devra être confirmée au cours des législatives qui s'annoncent, elles aussi, relativement serrées. Elle ouvre une nouvelle ère en France et en Europe. Mais la pression est lourde sur les épaules de François Hollande. La zone Euro est dans une situation complexe. L'Europe est en panne. La France est divisée comme jamais. La Chine va connaître des jours difficiles quand sa bulle immobilière va éclater. La Russie est au bord d'une révolution démocratique qui peut s'avérer explosive. L'Espagne et la Grèce sont au bord du gouffre. Et Marine Le Pen attend au coin du bois. La droite va peut-être se diviser. M.Le Pen va s'imposer, en force. Elle risque de rythmer les débats avec ses propositions populistes face à des médias avides de petites phrases et de l'écume des choses. La droite sera à la remorque. A 20%, son électorat va se libérer et sortir de sa cachette.

François Hollande a le devoir de réussir. Le devoir de sortir l'Europe de ses crises et de permettre l'émergence d'une nouvelle Europe, souffre douleur de la vie politique française depuis de nombreuses années, parfois à juste titre si on analyse les politiques européennes ultra-libérale menées depuis 1992. Sortir la France d'un chômage de masse qui mine son économie, son moral et sa vie politique et sociale depuis plus de 30 ans. Les jeunes français nés dans les 70 ou 80 n'ont connu que la crise, les crises, depuis leur naissance. Aujourd'hui, l'époque est à la recherche d'un bouc émissaire que l'on trouve facilement chez les immigrés et les descendants d'immigrés, notamment musulmans. François Hollande représente l'espoir. Il ne peut pas le décevoir.

L'apogée de la crise du capitalisme ultra-libéral que nous vivons va forcer les dirigeants élus à proposer un autre modèle. François Hollande, fort de ses valeurs, est à même de participer à cette refondation. Cette victoire est un soulagement mais ne boudons pas notre plaisir, elle nous offre des perspectives de réformes justes pour les 5 (10 ?) prochaines années, avec un Président qui rassemble et qui représente dignement la France. L'espoir. C'est une victoire en soi. Une grande.

Publié dans POLITIQUE

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