L’ex animateur télé joue sa carrière politique naissante à la roulette russe.

Publié le par l'agora de Bretagne

L’ex animateur télé joue sa carrière politique naissante à la roulette russe.
Hulot, sparring-partner idéal pour Joly


Par Christophe KERGOSIEN

Il a longtemps hésité avant de se lancer en politique. Lors de la Présidentielle de 2007, il s’est immiscé dans la campagne en se gardant bien de choisir un camp. Il s’est contenté d’un coup d’éclat, soumettre aux candidats son Pacte Ecolo et les noter sur leurs réponses. 

A cette époque, il avait troublé le jeu écologiste déjà mal en point du fait de candidatures multiples dont le bien fondé reposait essentiellement sur les divergences apparues lors du référendum sur le Traité Européen. D’un côté, José Bové décidait de soumettre sa popularité devant les électeurs, de l’autre Dominique Voynet incarnait la candidature verte car déjà, pour le parti de l’écologie, il n’était pas imaginable de ne pas avoir de candidat à cette élection reine en France. On connaît la fin de l’histoire, le bouillon électoral pour les candidats de l’écologie malgré une très belle campagne de terrain, très sincère, de Dominique Voynet qui n’était pas la première venue dans le champ de l’écologie politique. Une fessée électorale donc, une victoire écrasante de Nicolas Sarkozy avec une participation record (83,7%) et le lancement en grande pompe par ce dernier du Grenelle de l’environnement… sous l’influence de Nicolas Hulot.

Hulot, le vert pâle en terre étrangère !

Quasiment cinq ans après, l’écologie occupe une place intéressante sur l’échiquier politique national. Il y a eu l’intuition Europe Ecologie et le succès des Européennes, cette volonté d’ouverture portée à bout de bras par Dany Cohn-Bendit à laquelle n’a pas été insensible M. Hulot. Aujourd’hui, paradoxalement à l’heure où la porte verte se referme, Nicolas Hulot a fait le choix de son camp. Il concourt pour porter la candidature de Europe Ecologie Les Verts à la prochaine présidentielle. La primaire est ouverte depuis dix jours, ils sont quatre en lice dont deux favoris, l’ex star de TF1, statut qu’il traîne comme un boulet, et Eva Joly, l’ex juge qui aurait pu s’aventurer avec le Modem mais qui s’est finalement glissée dans la roue de Dany Cohn-Bendit. Hier, elle était mal perçue par les Verts et singulièrement par la gauche des Verts, aujourd’hui, c’est l’inverse, elle incarne déjà un passé, la probité, la vertu, les « vraies » valeurs écologistes. Nicolas Hulot au contraire semble pointé du doigt : pas fiable, trop à droite et surtout il n’a pas son diplôme de « vert’attitude » en poche ! Bref, il entame sa course à la primaire avec un certain retard au départ. Eva Joly a déjà quelques longueurs d’avance. Beau challenge pour un un aventurier pour un peu que les dés ne soient pas pipés !

Eva Joly, une verte, passe et gagne !

En Bretagne par exemple, les journalistes ne parviennent pas à dénicher en interne de l’écurie verte un soutien affiché à Nicolas Hulot. Les leaders se positionnent invariablement en faveur de la candidate Joly même si, à la faveur des débats des primaires, ils concèdent que l’apprenti politique Hulot progresse à grands pas. Il n’est pas certain que ce dernier ait fait le bon choix en s’investissant aussi tardivement dans une campagne dont il savait pourtant que le calendrier rapproché le plomberait. Fort de ses convictions, il a pris le risque, ce qui peut paraître tout à son honneur. Ou faire la démonstration de sa naïveté. De la sienne et de son entourage. 

Mais au fond, en lui préférant Eva Joly qui, elle, a eu du temps et deux campagnes pour s’imposer et su le faire, l’appareil Europe Ecologie Les Verts fait d’une pierre deux coups. Il renforce la légitimité de la candidate Eva Joly et éloigne le spectre d’une candidature autonome de Nicolas Hulot ou le soutien de ce dernier à un autre candidat. Question de crédibilité ! 

Après ce qui serait un véritable « petit meurtre entre amis », la voie est ainsi dégagée mais ce qui signifie aussi dans ce cas de figure qu’il sera difficile, risque Le Pen ou pas, d’étudier sérieusement la possibilité d’un retrait de la candidature verte à la faveur d’une négociation programmatique et législative avec le Parti socialiste et son candidat qui, lui, sera connu à la rentrée.   

La "balle" est désormais dans les mains des électeurs à la Primaire EELV. Auront-ils la même vision que celle des élites vertes ?

Réponse début juillet.

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