Le gaz pour sortir du nucléaire

Publié le par l'agora de Bretagne

Par Daniel CUEFF,

Maire de Langouët,

Conseiller régional délégué à l'écologie urbaine.

 

agora-nucleaire-gaz.jpg

 

La Bretagne peut-elle se passer de la centrale à cycle combiné gaz à Landivisiau ? La sobriété énergétique et la production d’énergies renouvelables pourraient-ils suffire à sécuriser l’alimentation électrique de la région, comme le soutiennent certains opposants au projet ? Non. Les centrales nucléaires arrivent pour la plupart en fin de vie. Deux possibilités s'offrent à nous : soit prolonger leur durée de vie à coup de milliards, soit installer dans chaque région une centrale au gaz. C’est le scénario Global Chance, qui prévoit 70 TWh de gaz à l’horizon 2032 pour se passer du nucléaire.  

 

Les centrales à cycle combiné gaz sont une nécessité pour assurer la transition. Quand François Hollande propose une réduction à 50 % de la part du nucléaire dans le mix électrique français, cela signifie qu’il faudra développer le même effort que l’Allemagne : abaisser de 10 % notre consommation d’électricité, produire 35 % d’électricité renouvelable et renforcer les capacités de production au gaz et au charbon avec 8 000 MW en service en 2013, 10 000 supplémentaires en 2020 ! 

 

Qu’il s’agisse d’une sortie du nucléaire ou d’une réduction de sa part dans la fourniture électrique du pays, la centrale de Landivisiau participera à ce mouvement de sortie ou de rééquilibrage. Les opposants oublient malheureusement de regarder les conséquences de leur absence de  pragmatisme écologique. Et quand ils regardent du côté de l’Ecosse, soit disant exemplaire, ils omettent les objectifs de la politique énergétique du Royaume-Uni : l’électrification généralisée de l’économie, des logements et des transports avec en 2050 un doublement programmé de la consommation électrique ! Bien entendu, ils auront recours massivement aux énergies renouvelables marines mais ils sécurisent ce déploiement d’électricité intermittente par l’installation de centrale à cycle combiné gaz. Surtout, 10 nouvelles centrales nucléaires sont programmées, Areva venant d’obtenir deux permis de construire pour des installations dans le sud-ouest anglais, juste en face de nos côtes bretonnes !

 

Les trois piliers du Pacte électrique breton sont la maîtrise de la demande électrique, le développement massif des renouvelables et la sécurisation de l’approvisionnement et du réseau. Ils ouvrent par conséquent de nouvelles perspectives énergétiques… à moins que l’on souhaite se contenter de l’électricité d’origine nucléaire du Blayais, de Chinon et de Flamanville ! En tant qu’écologiste, depuis le combat de Plogoff jusqu’à la catastrophe de Fukushima, je ne peux me résoudre à ce choix qui revient à donner raison aux pronucléaires. A l’instar des Verts allemands, la sortie du nucléaire reste pour moi la priorité. 

 

Publié dans NUCLEAIRE

Commenter cet article

Erwan 02/06/2012 12:37

Une autre façon permet de sortir en partie du nucléaire en une douzaine d'années, à condition d'en avoir la volonté politique et donc de renvoyer dans les cordes tous les potentats de l'électricité
qui font la loi depuis 40 ans.

Détails : http://energeia.voila.net/renouv/electri_renouv_france_2025.htm

Dans ce cas, il n'y a aucune augmentation des combustibles fossiles, les renouvelables contribuent à 44% de la production d'électricité et le nucléaire est limité à 46%.

J'ai bien noté : en une douzaine d'années.

jaja 28/05/2012 20:08

j'adhère !