N°26 : Le plan Marshall pour les banlieues

Publié le par l'agora de Bretagne

La chronique de Nicolas KERDRAON

 

 

A l'occasion des élections présidentielles, et pour se détendre ou se faire peur c'est selon, l'Agora de Bretagne vous offre un petit voyage dans le temps. Revenons en 30 jours sur 30 évènements symboliques de la période Sarkozyste. L'Agora de Bretagne est heureuse de vous proposer, Sarko 2007-2012, le Best-of !  

 

En ce 1er avril 2012, N°26 : Le plan Marshall pour les banlieues

 

Nicolas Sarkozy aime la banlieue. C'est normal il en est lui-même originaire. Hé oui, après tout, Neuilly sur Seine !

 

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C'est après avoir mis le feu aux banlieues en 2005, en tant que Ministre de l'Intérieur, notamment par des écarts verbaux dont tout le monde se souvient (racaille, Karcher), que Nicolas Sarkozy s'est présenté à l'élection présidentielle de 2007. Subir, voire provoquer, les pires émeutes que la France ait connu depuis la Libération, et le rétablissement momentané du couvre feu, aurait provoqué la démission et la fin de la carrière politique de n'importe quel ministre de l'Intérieur, dans toute démocratie mature et moderne. Mais c'est sans compter avec la magie de l'univers médiatico-politique français.

 

Nicolas Sarkozy met de côté son Karcher et propose donc, dans son projet présidentiel de 2007, un « plan Marshall pour les banlieue ». Il fait même « une prise » en matière d'ouverture, en nommant une fois élu Fadela Amara, la fondatrice de « Ni putes, ni soumises », en tant que Secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville. Sous la plume de Fadela Amara et sous le contrôle de Bercy et de l’Elysée, le « Plan Marshall » devient alors rapidement le « Plan Espoirs Banlieue », avant de disparaître purement et simplement au départ du gouvernement, en novembre 2010, de la Secrétaire d’Etat. Celle-ci n'a cessé, durant ces trois années, de se plaindre du manque de moyens mis à sa disposition. 

 

Nicolas Sarkozy avait affiché l’ambition de « réinventer la ville », mais il s’est contenté de quelques promesses : 45 000 jeunes devaient accéder à l’emploi dans les trois ans grâce aux « contrats d’autonomie », trente sites d’« excellence scolaire » devaient voir le jour, les transports devraient bénéficier d’un demi-million d’euros supplémentaires et 4 000 policiers devaient être envoyés en renfort dans deux cents unités territoriales. On était bien loin d'un plan Marshall qui aurait consisté à réinventer la ville par une rénovation urbaine de grande ampleur et la mixité sociale et fonctionnelle, pour réduire les déplacements, la pollution, l'échec scolaire, la ségrégation et pour favoriser la réussite, l'emploi, l'accès aux services (publics et privés) et la paix sociale. 

 

Finalement, le successeur de Fadela Amara, Maurice Leroy, enterrera le plan Marshall dès son intronisation au ministère de la Ville : « Les grands plans « globaux », les grandes promesses, les plans Marshall, c'est inutile car personne n'y croit et de surcroît, c'est désormais irréaliste dans un contexte financier qui nous contraint à une grande vigilance budgétaire », dira-t-il, en voulant « concentrer et cibler » les efforts.

 

Le principe d'un plan Marshall, c'est de faire un effort d'investissement important et ciblé, en un endroit où tout est à reconstruire, pour éviter ou vaincre un phénomène de ghettoïsation. Les banlieues s'y prêtaient et s'y prêtent toujours, malheureusement pour elles. Compte-tenu des diverses interventions, incidents, lois sécuritaires et amalgames entre insécurité, banlieues et immigrations, dont Nicolas Sarkozy s’est rendu coupable ces 10 dernières années, on oserait même affirmer que « le plan Marshall» et devenu « un plan martial » !

 

 

 

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