N°28 : Le président qui avait peur du peuple ou la paranoïa au pouvoir

Publié le par l'agora de Bretagne

La Chronique de Nicolas KERDRAON

 

 

A l'occasion des élections présidentielles, et pour se détendre ou se faire peur c'est selon, l'Agora de Bretagne vous offre un petit voyage dans le temps. Revenons en 30 jours sur 30 évènements symboliques de la période Sarkozyste. L'Agora de Bretagne est heureuse de vous proposer, Sarko 2007-2012, le Best-of !  

 

En ce 30 mars 2012, N°28 : Le président qui avait peur du peuple ou la paranoïa au pouvoir

 

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Nicolas Sarkozy ne peut pas être considéré comme un homme du peuple, comme Jacques Chirac par exemple. Jacques Chirac lui adorait serrer des louches, prendre des bains de foules, tâter le « cul des vaches » comme disait les Guignols ou boire une binouze au café du commerce. Nicolas Sarkozy lui est un homme de Neuilly-sur-Seine qui n’aime la foule que lorsqu’il s’agit de se faire acclamer par ses propres partisans. Au cours de son mandat présidentiel, une chose est apparue de manière nette : la peur de Nicolas Sarkozy vis-à-vis du « peuple ». 

 

Le premier élément qui étaie cette thèse est le déploiement de force qui entoure tous ses déplacements. René Dosière, le député socialiste, grand scrutateur du train de vie de l’Etat, a estimé le coût des déplacements présidentiels à 325 000 €… dont 220 000 € pour le « dispositif de sécurité  (pour contrebalancer, il convient de préciser que Nicolas Sarkozy s’est déplacé en France douze fois plus que Jacques Chirac sur la même durée). Sur les économies à réaliser, M. Dosière identifie clairement le dispositif de sécurité autour du Président. Il évalue à 800 en moyenne le nombre de policiers ou gendarmes mobilisés lors des visites, « avec moins de policiers et des moyens de transport moins onéreux, une visite pourrait coûter près de 70 000 euros au lieu de 320 000 ». Ces éléments chiffrés concrétisent cette impression de ville en état de siège à chaque visite du chef de l’Etat : routes bloquées, quartiers bouclés, … Certains citoyens auraient même raté leurs examens pour ne pas avoir anticipé la visite de Nicolas Sarkozy.

 

Au-delà de ses déplacements, il y a évidemment les lois sécuritaires préconisées par Nicolas Sarkozy, autant comme Ministre de l’Intérieur que comme Président, avec l’aide de ses amis proches, Brice Hortefeux et Claude Guéant. Il y a notamment dans cet arsenal les dispositifs de surveillance et de fichage. Evidemment, l’Internet est vu comme une zone de « non-droit » et d’anarchie, où chacun peut s’exprimer librement (oh, mon dieu !) et un terrain de jeu idéal pour les « pirates ». D’où les lois visant à réprimer l’usage libre de contenu comme la loi Hadopi (au risque d’ailleurs que cela ne serve à rien puisque techniquement les contournements possibles sont légions). Ce type de loi permet surtout de protégé le business de quelques amis producteurs et artistes, sous couvert de protéger la « création ». 

 

De même, les lois Loppsi (1 et 2) sont nées de la boulimie présidentielle pour les lois sécuritaires et proposent la même vision de « l’Internet, repère de méchants pirates ». Là encore, sous couvert de bonnes intentions (lutter contre la pédophilie et le terrorisme), Nicolas Sarkozy et la droite produisent une loi, « Loppsi 2 », qui, dans son article 4, s’aventure vers le filtrage du Net. Ce qui fera même titrer à certains éditorialistes : « Loppsi 2 : les dictateurs en ont rêvé, Sarkozy l’a fait ! ». L'article 23 de Loppsi 2 permettra même l’installation de mouchards dans les ordinateurs, ce que la CNIL n’appréciera que modérément. Finalement en 2011, le Conseil constitutionnel, himself, censurera rien de moins que treize articles de cette loi ! Le mot de la fin revient à Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net : « La protection de l'enfance est honteusement instrumentalisée par Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux pour mettre en place un dispositif ouvrant la porte à d'importantes censures collatérales et aux pires dérives. Après l'HADOPI, la LOPPSI : la machine sécuritaire gouvernementale se met peu à peu en place pour tenter de contrôler Internet, au mépris des libertés. »

 

Nous n’oublierons pas dans cette rubrique, l’épisode honteux du fichier EDVIGE. Ce fichier devait contenir des informations, y compris des informations médicales ou sur l’orientation sexuelle, sur les personnes susceptibles de troubler l’ordre public, dont les syndicalistes, les associatifs ou les élus locaux. Finalement, le fichier a été enterré après une forte campagne d’opposition menée par les associations et les partis politiques de gauche. 

 

Avant-dernier épisode, à la fin de la toute dernière session parlementaire de la mandature : ce que les mêmes défenseurs des libertés individuelles ont appelé « le fichier des honnête gens », dont nous avons déjà parlé dans l’Agora. 

 

Et juste pour le sourire, la dernière péripétie : tout récemment, le ministère de l’Intérieur vient de mettre en place un nouveau fichier : le fichier des contestataires contenant l’identité de ceux qui contestent… les PV !

 

Forcément, à force de vivre à Neuilly-sur-Seine et de ne côtoyer que des millionnaires ou des fils à papa, on finit par craindre ce qu’on ne connait pas : le petit peuple !

 

 http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/02/02/01016-20120202ARTFIG00526-une-prof-rate-l-agregation-a-cause-du-cortege-presidentiel.php

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/loppsi-2-les-dictateurs-en-ont-reve-sarkozy-l-a-fait_917757.html

 

http://www.lagoradebretagne.fr/article-pendant-que-vous-vous-interessez-a-la-campagne-electorale-gueant-veut-ficher-les-honnetes-gens-97757279.html

 

http://www.lepoint.fr/societe/contestez-vous-serez-fiche-26-03-2012-1445206_23.php

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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