Sarko 2007-2012, le Best-of, épisode 11 : la Sarkodette

Publié le par l'agora de Bretagne

A l'occasion des élections présidentielles, et pour se détendre (ou se faire peur c'est selon), l'agora de Bretagne vous offre un petit voyage dans le temps. Revenons en 30 jours sur 30 évènements symboliques de période Sarkozyste. L'agora de Bretagne est heureuse de vous proposer, Sarko 2007-2012, le Best-of !

En ce 23 Avril 2012, N°11 : La Sarkodette

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Nicolas Sarkozy veut apparaître, dans cette campagne Présidentielle, comme « le capitaine qui tient la barre dans la tempête ». La tempête fait rage, effectivement. Le capitaine lui, a déjà tenu la barre pendant 5 ans, pour conduire le bateau … sur les rochers. Capitaine ? Capitaine à la Costa Concordia alors.

La crise actuelle est dite « crise de la dette ». Alors regardons comment le capitaine a tenu la barre sur ce seul sujet ?

Nicolas Sarkozy a été responsable des finances publiques en tant que Président de la République de 2007 à 2011. Il en a aussi été responsable entre 1993 et 1995, en tant que Ministre du Budget. Le moins que l'on puisse dire est qu'il restera le champion de la dette toute catégorie de l'histoire de la 5ème République. Les chiffres sont clairs. La dette était de 1692,7 milliards d'euros à fin 2011, ce qui représente 86,2% de notre PIB et elle devrait représenter 89% fin 2012, quand elle se limitait à 64,2% du PIB en 2007 (1250 milliards). La dette n'a cessé d'augmenter depuis 1974 mais elle aura baissé en valeur, par rapport au PIB, sur deux périodes : entre 1997 et 2002 sous la mandature Jospin (de 59,6% à 59,1%) et entre 2005 et 2007, sous Villepin (66,8% en 2005 à 64,2% en 2007). Ces baisses sont également dues à des niveaux de taux particulièrement bas. Lors de son passage au Ministère du budget dans les années 90, Nicolas Sarkozy aura aussi été, à l'époque, le champion de l'augmentation de la dette en proportion puisqu'elle avait augmenté de 5% par an, en passant de 41% en mars 1993 à 51% en mai 1995 (de 800 milliards à 1100 milliards). Il aura donc battu son propre record ces dernières années.

Alors ? Sarkozy, principal coupable de la dette. Pas à 100%. Mais de peu ou prou 900 milliards sur 1700. Cela représente donc la moitié de la dette française, creusée en 7 ans quand l'autre moitié aura été creusée en … 31 ans.

« Oui mais il y a eu la crise ! ». Ah, oui ! La crise. Effectivement si l'on compare à nos voisins allemands, l'évolution est sensiblement la même. Par contre notre dette a plus augmenté que celles de nos voisins transalpins et nettement moins augmenté que celle de nos amis anglais. Là où le bât blesse c'est que la cour des comptes a démontré que seul un tiers de l'endettement de 2010 était dû à la crise (7,1% du PIB cette année là). Reste donc les deux tiers qui sont soit structurels, soit dus aux cadeaux fiscaux de Nicolas Sarkozy. Ces derniers représentent à eux seuls 10% de ce déficit annuel, toujours d'après la cour. Et depuis, Nicolas Sarkozy aura battu tous les records de cynisme en divisant par deux l'ISF en pleine crise de la zone euro, au prétexte de supprimer aussi le bouclier fiscal qui représentait un cadeau de quelques centaines de millions d'euros par an pour les plus riche, quand la réduction de l'ISF représente, elle, près de 2 milliard d'euros de manque à gagner pour l'état ...

Nicolas Sarkozy se terre, dans cette élection, dans les thèmes les plus extrêmes de la droite pour ne pas parler de son bilan et notamment de sa performance historique en matière de dettes. La droite utilise régulièrement l'antienne classique qui veut que la gauche, Keynesienne et distributive, soit responsable des déficits publics. La crise a malheureusement mis en exergue les vrais chiffres de la dette qui sont beaucoup plus cruels pour la droite et tout particulièrement pour son porte drapeau. Nicolas Sarkozy aura fait étalage de son incompétence manifeste au Ministère de l'Intérieur en provoquant les plus graves émeutes de l'histoire récentes de notre pays. Il aura aussi démontré son incurie en matière de finance et de gestion. Quel poste pourrait-on lui trouver ? Peut-être Pôle Emploi peut-il lui trouver une formation … qui sait ?

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