Sarko 2007-2012, le Best-of, épisode 23 : Le vulgaire

Publié le par l'agora de Bretagne

A l'occasion des élections présidentielles, et pour se détendre (ou se faire peur c'est selon), l'agora de Bretagne vous offre un petit voyage dans le temps. Revenons en 30 jours sur 30 évènements symboliques de période Sarkozyste. L'agora de Bretagne est heureuse de vous proposer, Sarko 2007-2012, le Best-of ! 

 

En ce 6 Avril 2012, N°23 : Le vulgaire

 

Nicolas Sarkozy s'est sans doute rêvé en grand Président de la République. Il restera incontestablement le plus « vulgaire » et aussi l'un des plus ridicules dans son comportement.

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Pourquoi ? Tout d’abord à cause de quelques saillies verbales qui resteront, malheureusement pour lui, dans les mémoires. Avant l'élection présidentielle de 2007, chacun se souvient des «Racailles » dont il fallait se débarrasser, et du « Karcher », prononcés par le ministre de l'intérieur de 2005, qui ont symbolisé le malaise entre le pays et ses banlieues. Durant son quinquennat, celui qui était devenu entre temps Président de la République, a poursuivi sur sa lancée, puisque cela semblait lui réussir, au moins dans les urnes et dans les médias. Peut-être Nicolas Sarkozy considérait-il que parler comme un charretier lui donnait un côté « peuple » comme l'expliquera d'ailleurs Luc Chatel en 2010 : « En ces temps de complexité et de difficulté, Nicolas Sarkozy parle clair et vrai, refusant un style amphigourique et les circonvolutions syntaxiques, qui perdent l’auditeur et le citoyen. […] Lui qui incarne la parole de la Nation et l’a fait, en de nombreuses circonstances, de la manière la plus digne qui soit, [...] se fait comprendre de tous les Français : sur ce sujet et dans une démocratie, c’est, me semble-t-il, l’essentiel ». « Amphigourique », terme que peu de personnes connaissaient avant cette sortie du ministre de l’éducation nationale, sert ici, très habilement, de contre feu, en signifiant au lecteur ou à l'auditeur que lui aussi a des progrès à faire en vocabulaire ...

 

Le Général de Gaulle laissera à la postérité le « je vous ai compris », « les français sont des veaux » ou encore «Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans, je commence une carrière de dictateur ?», François Mitterand avait marqué les esprits en parlant de la mort avec élégance, en évoquant le moment où «[il] serait devant cette transcendance ». On se souviendra même avec un petit sourire en coin du très original « abracadabrantesque » de Jacques Chirac mais aussi, malheureusement pour lui, du très raciste « le bruit et l’odeur », dont le fond est répugnant mais qui, sur la forme, reste grammaticalement correcte. Nicolas Sarkozy ne se donnera pas cette peine. Les quelques phrases qui ont ponctué son mandat auront été le très efficace « ben, casse-toi alors … pauv' con », ou encore le non-moins direct « Descend si t'es un homme ! » qui n'a pas été prononcé tel-que puisque la citation exacte est : « c'est toi qui a dit ça ? Ben descends un peu le dire ! Descends si t'as ... ». Nicolas Sarkozy s'arrêtant ici, juste à temps ; juste avant « les couilles » que tout le monde aura (sous)-entendu. Et le Président d'enchaîner : « Si tu crois que c'est en insultant que tu vas régler le problème des pécheurs ? Hé ben, permets-moi de te dire que … que ... per peut cha tché tucheu» (quelques onomatopées que chacun pourra écrire à sa façon). On peut aussi s'amuser du fait que l'actuel Président provoque de cette manière un pêcheur breton, probablement bien plus costaud qui lui. D'ailleurs ce ton bravache n'est-il pas lié à la taille relativement modeste de M.Sarkozy (1m68) ? Cette taille assez réduite a dû lui valoir des railleries dans sa jeunesse et créer chez lui un complexe. Sinon comment expliquer qu'il se soit autant appliqué, lors de sa présidence à la camoufler avec tous les artifices du monde. On se souvient de cette photo au côté de Barak Obama et de leurs épouses respectives où Nicolas Sarkozy se met sur la pointe des pieds … fort discrètement. On se souviendra aussi du petit tabouret qui lui permettait de prendre la parole après un locuteur plus grand sans réclamer de changement de pupitre et enfin, et surtout même, de ces nombreuses visites en France où l'Elysée réclamait que les figurants soient tous d’une taille inférieur à 1m70. Il aurait sans doute été plus grand, plus noble, plus « Présidentiel », d'assumer. Nicolas Sarkozy aurait même pu en faire un élément d'autodérision, qui l’aurait sans doute rendu plus sympathique.

 

On passera sous silence les autres sorties insultantes de N.Sarkozy qui n'ont pas forcément été prouvée par vidéo et enregistrement (telle les « connards » adressés à Azouz Begag ou encore le « pas très intelligent » dont a été gratifié, semble-t-il, le premier ministre espagnol, José Luis Zapatero). On notera aussi le récent « couillon » adressé à un jeune journaliste.

 

Mais le plus vulgaire, dans « l'œuvre » de N.Sarkozy, aura finalement été sa manière de se répandre dans le « fric » et le bling-bling dont on reparlera prochainement ici et surtout, sa complicité avec les milieux de l'argent, même quand ce dernier était mal acquis. C'est dans cet aspect de la personnalité de Nicolas Sarkozy, au delà de l'abaissement de la fonction présidentielle dont il a été l'auteur, qu'on trouve le plus de raisons de prononcer la sentence qui sanctionne, par excellence, la vulgarité : « Beurk ».

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