Sarko 2007-2012, le Best-of, épisode 9 : de l'art de la diplomatie

Publié le par l'agora de Bretagne

A l'occasion des élections présidentielles, et pour se détendre (ou se faire peur c'est selon), l'agora de Bretagne vous offre un petit voyage dans le temps. Revenons en 30 jours sur 30 évènements symboliques de période Sarkozyste. L'agora de Bretagne est heureuse de vous proposer, Sarko 2007-2012, le Best-of !

En ce 25 Avril 2012, N°9 : Sarkozy, ce grand diplomate

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Nicolas Sarkozy avait prôné « la rupture », y compris en matière de relations internationales. Le moins que l'on puisse est qu'il aura été en rupture avec les us et coutumes d'un univers extrêmement sensible. Il paraît impossible de définir une ligne, une cohérence dans la politique extérieure de la France menée entre 2007 et 2012. La politique étrangère n'aura pas eu de sens mais elle aura eu une orientation : le propre nombril de Nicolas Sarkozy. Le sortant aura en permanence confondu la France, et l'Europe, avec sa propre personne. On se souvient qu'il se proclamait Président de l'Europe lorsque la France présidait l'Union européenne. Il aura constamment cherché à se donner une stature internationale en s'agitant sur tous les fronts et devant toutes les caméras et en piétinant son Ministre d'ouverture fantoche. Il se sera délecté de côtoyer les « grands de ce monde ». Les dernières années, il aura aussi cherché à utiliser la crise européenne et la politique étrangère pour redorer une image trop « bling bling ».

 

Soyons clair. Nicolas Sarkozy n'a ni la culture, ni l'ouverture d'esprit, ni la patience, ni la finesse d'un diplomate. La démarche de l'éléphant dans un magasin de porcelaine lui est plus familière. La politique étrangère française aura donc été une succession d'incidents divers et variés pendant 5 ans.

 

Dès la campagne électorale de 2007, Nicolas Sarkozy froisse de nombreux dirigeants et citoyens africains avec les désastreux discours de Dakar dont nous reparlerons ici bientôt.

 

A peine élu, il contrariera l'Allemagne en s'arrogeant la libération des infirmières bulgares détenues en Lybie, alors que les diplomates allemands travaillaient sur le dossier depuis des années. Dans la foulée, le Ministre allemand des finances, Peer Steinbrück, reprochera, dans le Rheinische Post,à Nicolas Sarkozy de faire des cadeaux fiscaux à sa clientèle électorale au lieu de respecter la discipline budgétaire contenu dans la pacte de stabilité (Oui, oui vous avec bien lu !).

En 2008, alors que les chefs d'états de la plupart des grandes démocraties refuseront de se rendre à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympique de Pékin, Nicolas Sarkozy se fera tirer l'oreille comme un enfant mal élevé par le pouvoir chinois et se rendra piteusement à Pékin. Seul.

En 2009, il accumule. Il commence par insulter Jose Luis Zapatero et Barak Obama. « M.Zapatero n'est peut-être pas très intelligent. Moi, j'en connais qui étaient intelligents et qui n'ont pas été au second tour de la présidentielle ». Evidemment, il s'agissait là d'une forme de compliment mais la formule est pour le moins, maladroite. Barak Obama lui serait « naïf et égocentrique » sur le désarmement nucléaire et sur le réchauffement climatique. Dès 2008, Nicolas Sarkozy aurait fortement mécontenté l'administration américaine en accusant son ex-ami, devenu trop encombrant, Georges W.Bush, de ne pas l'avoir soutenu dans la crise géorgienne. Crise que Nicolas Sarkozy aura, bien évidemment, résolue seul, tel un superman de la politique internationale.

Le plus grave, cette année-là, consistera à oublier d'inviter la reine d'Angleterre, Elisabeth II, aux cérémonies du débarquement. Elisabeth II étant, rappelons-le, le dernier chef d'état au monde à être aussi une ancienne combattante de la seconde guerre mondiale …

Au moment des élections européennes, il provoquera un incident grave avec un de nos partenaires européens, la Suède. Lors de cette campagne, Nicolas Sarkozy utilisant les ficelles habituelles de l'islamophobie, militait très fortement contre l'adhésion de la Turquie à l'Union. Or le Ministre des affaires étrangères suédois prendra officiellement le contre-pied de cette position en déclarant dans le Figaro (Sarkonews !) « l'Europe a un intérêt stratégique de premier ordre à ce que la Turquie s'oriente vers elle. ». Et Carl Bildt plaidait pour la poursuite de la procédure d'adhésion turque. Résultat : le Président de la République annulait sa visite à Stockholm, à la veille de la présidence suédoise de l'Union.

En 2010, le Président français est empêtré dans la polémique de la chasse aux Roms qu'il a lancé à travers la France et l'Europe. Il affirme que la chancelière allemande l'a assuré de son soutien sur le dossier. Angela Merkel dément immédiatement.

Le 25 octobre dernier, des italiens organisent un grand éclat de rire public devant l'ambassade de France à Rome pour protester contre les sourires moqueurs que le Président français avait tenus à propos de la situation italienne lors du sommet européen précédent.

Évidemment, chacun a encore en mémoire la manière dont il aura traité le premier ministre Grec, Georges Papandréou, au sommet du G20 à Cannes, le laissant pénétrer dans la palais des festival seul, sans même venir le saluer, au prétexte qu'il voulait - oh ! Le dangereux gauchiste ! - organiser un référendum sur le plan d'austérité proposé par Merkozy pour sortir la Grèce de la crise. Rappel : la Grèce vient de connaître une récession de -7% en 2011, ce qui n'est pas très pratique quand on veut rembourser une dette supérieur à 100% de son PIB..

Nicolas Sarkozy aura été, sur ce sujet comme sur tant d'autres, un agité (du bocal ?). Il aura provoqué une série sans précédent d'incidents diplomatiques et il y a fort à parier que beaucoup de chefs d'états en Europe et dans le Monde, quelle que soit leur vision du socialisme à la française, verraient d'un bon œil, l'arrivée d'un Président « normal » à la tête de la France.

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