Sarko 2007-2012, le Best-of épisode 20: le Président "Bling-Bling"

Publié le par l'agora de Bretagne


A l'occasion des élections présidentielles, et pour se détendre (ou se faire peur c'est selon), l'agora de Bretagne vous offre un petit voyage dans le temps. Revenons en 30 jours sur 30 évènements symboliques de période Sarkozyste. L'agora de Bretagne est heureuse de vous proposer, Sarko 2007-2012, le Best-of ! 

 

En ce 11 Avril 2012, N°20 : Le Bling-Bling

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Cette chronique tombe bien bas : du point de vue de l'analyse politique du quinquennat de Nicolas Sarkozy, c'est vraiment s'abaisser au niveau des pâquerettes que traiter du « Bling-Bling », mais après tout ce n'est pas nous qui avons commencé.

Le « Président des riches » aura été le slogan de ce quinquennat, « Bling-Bling » en aura été la bande son. « Bling-Bling » comme le bruit que produit le Jackpot touché par un joueur sur les bandits manchots des casinos, « Bling-Bling » comme le bruit des pièces d’or que remuait Yves Montand dans La folie des grandeurs pour réveiller Louis de Funès, en lui chantonnant : « Il est l’or. Il est l’or … ». « Bling-Bling » comme le bruit des colliers sur le torse de Mister-T, dans L’agence tous risques.  « Bling-Bling » comme le bruit de la Rolex présidentiel sur son poignet. L’argent, les bijoux, tout ce qui brille et qui est fait des plus beaux métaux : voilà qui aura servit de bruit de fond à cette présidence décomplexée vis-à-vis de l’argent et des paillettes.

Il est souvent admis que la période « Bling-Bling » a commencé au Fouquet's mais les faits sont plus cruels pour l'actuel locataire de l'Elysée. En effet, il y eut quelques escarmouches dans les années qui ont précédé, notamment la visite très médiatisée de l’acteur Tom Cruise (soutien connu de l’église de Scientologie, indésirable en France au titre de la lutte contre les sectes), à Bercy en 2004. Bien évidemment, si Nicolas Sarkozy s'est vu coller cette étiquette aussi rapidement, c'est aussi pour ses amitiés anciennes avec les stars du show-business et les grands patrons, sans oublier son rattachement à Neuilly sur Seine, commune vue comme le repaire des millionnaires en Ile-de-France (NDLR : titre contesté par le 16ème arrondissement de la Capitale).

La nuit du Fouquet's restera néanmoins comme l'acte de naissance officiel de la période « Bling-Bling ». Nous n'y reviendrons pas, cette surboum, quelques minutes seulement après la proclamation des résultats officiels de l'élection présidentielle, entourée de Johnny Hallyday et de quelques milliardaires, sonne presque comme l'apothéose du « Bling-Bling », avant même d’avoir commencé. La suite fût à l'avenant, avec la fameuse virée au large de Malte, sur un Yacht ultra-luxueux appartenant à un grand patron milliardaire. Bien évidemment les footings à Central Park, au petit matin, portant tee-shirt « NYPD»  et Ray-Bann, n'ont rien arrangé. Il n'en fallait pas plus pour que le journal Libération donne un nom à cette période de la Présidence Sarkozy que le magazine Time qualifiera d’iconoclaste.

L'attitude décomplexée de Nicolas Sarkozy vis à vis de l'argent a contribué à ancrer cette image dans l'esprit des français et, par la même, à faire s'effondrer sa côté de popularité. On peut finalement se contenter d'énumérer … La Rolex de Jacques Séguéla, symbole d'une vie réussie ;  la transparence sur la vie privée présidentielle répandue dans les médias et pas n'importe lesquels : Gala, Paris Match, … rien que le gratin de la presse d'investigation ; la déclaration d’amour « Avec Carla, c'est du sérieux » et la consternante sortie à Euro Disney pour nous présenter sa nouvelle conquête ou encore la lamentable promenade à Pétra, avec le fils de Carla sur les épaules et les inévitables Ray-Bann sur le nez. N'oublions pas non plus la série de voyages (dont nous avons déjà parlé ici) dans des villas de luxes gracieusement mises à disposition par des millionnaires à la réputation, parfois, sulfureuse. Enfin, nous avons aussi évoqué ici, précédemment, l'avion présidentiel construit pour concurrencer « Air Force One ». La dernière séquence en date sur ce terrain fût l'accouchement de la petite Giulia, dans un quartier bouclé par les forces de l'ordre, qui eut lieue dans une clinique privée huppée de Paris, dont on aura pris soin de réserver tout un étage pour la première dame.

La liste est si longue qu'elle pourrait donner la nausée. N'étant pas psychanalystes, même pas « de comptoir », nous ne saurions aller chercher les causes profondes de cette attitude fort-peu « présidentielle » au goût d’un pays qui s’est construit sur l’association forte des concepts d’égalité et de liberté. Nicolas Sarkozy et son comportement « Bling-Bling » auront simplement déçu les français sur le terrain des valeurs, y compris des valeurs catholiques dont une large partie de la population est encore nettement empreinte.

Le « Bling-Bling » aura été le règne du superficiel au sommet de l’état et il serait de même fragiles d’en tirer quelque enseignement politique profond si ce n’est que la rupture tant vantée pendant la campagne électorale aura finalement été, notamment par le « Bling-Bling »,  la rupture avec le peuple et la France profonde et modeste. En nous tournant vers l'avenir, on peut simplement se demander, si jamais François Hollande est élu le 6 mai prochain, si on ne risque pas de s'ennuyer un peu et si ce n’est pas ça dont la France a besoin aujourd’hui : sérénité, calme et sérieux. Prenons le risque de l’ennui pour éviter le ridicule, à nouveau.

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