Sarko 2007-2012 - le Best-of épisode 18 : "Notre maison brûle et il regarde ailleurs"

Publié le par l'agora de Bretagne

A l'occasion des élections présidentielles, et pour se détendre (ou se faire peur c'est selon), l'agora de Bretagne vous offre un petit voyage dans le temps. Revenons en 30 jours sur 30 évènements symboliques de période Sarkozyste. L'agora de Bretagne est heureuse de vous proposer, Sarko 2007-2012, le Best-of ! 

En ce 13 Avril 2012, N°18 : « Notre maison brûle et il regarde ailleurs »

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Nicolas Sarkozy n'a tout simplement jamais traité et considéré la dimension environnementale. C'est, pour lui, un non-sujet. Si ce n'est, éventuellement, un gadget, un bijou, permettant de redorer et de moderniser son image dans une période où les citoyens, la société, sont très largement en avance sur celui qui est sensé être leur leader.

Comme l'a relevé Marc Ambroise-Rendu dans Des cancres à l’Élysée, Nicolas Sarkozy, qui a  écrit ou inspiré de nombreux livres, n'y a jamais, au grand jamais, écrit sur les questionsd'environnement, d'écologie. Tout juste évoque-t-il le sujet dans Libre, en 2001, pour se plaindre du fait que la marée noire de l'Erika ait abimé les plages de l'île de Ré où il fait du vélo.

Élu Président de la République en 2007, ayant signé le pacte proposé par Nicolas Hulot, il respecte sa signature et créé un vaste ministère de l'écologie, des transports, de l'aménagement du territoire et de l'énergieoù il nomme Alain Juppé, n°2 du gouvernement. Ce dernier, battu aux élections législatives, y est remplacé par Jean-Louis Borlooquelques semaines plus tard. L’ancien maire de Valenciennes applique le pacte signé avec le héraut de l'écologie télévisuelle et lance le « Grenelle de l'environnement » avec des associations, des ONG, des entreprises, des syndicats, des collectivités, etc. Cette opération est globalement un succès dans un premier temps, à l'exception de deux sujets visiblement tabou en France, le nucléaire et l'agriculture. Compliqué appliqué et mis en œuvre, les résolutions du Grenelle aurait pu faire de la France un pays avant-gardiste dans l’adéquation de nos modes de vie aux limites et aux fragilités de notre écosystème. Un autre tabou apparaît néanmoins nettement au même moment dans la politique mené par Nicolas Sarkozy. Plus exactement une limite à ce que la droite peut accepter en matière d'écologie (étymologiquement : « logique » ou « science », de la « maison ») : le culte de la croissance. En effet, en parallèle du Grenelle de l'environnement, Nicolas Sarkozy lance, sans la moindre cohérence, une commission chargé de « libérer la croissance » dont les recommandations ne sont en rien alignées avec, ni même jugées à l'aune du Grenelle. Le Président de la République, en animal politique, avait quand même compris l'intérêt qu'il pouvait avoir à se placer dans la position du « premier écologiste de France », dans une période où les écologistes réalisaient des scores importants aux élections européennes, où Al Gore recevait le prix Nobel de la Paix pour son action en faveur de l'alerte climatique et où Yann Arthus Bertrand sortait son film Home.

 

L'année 2010 est plus compliquée pour le Président : le sommet de Copenhague, fin 2009, où « l'avenir de la planète » devait se jouer, fût un échec terrible. Nicolas Sarkozy enchaîne alors sur le Salon de l'agriculture 2010, où il fendra l'armure : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement. Parce que là aussi, ça commence à bien faire ! ». A partir de là, les régressions sur la loi « Grenelle », pourtant voté à l'unanimité à l'assemblée, seront légions : sur l'éolien, le photovoltaïque, la taxe carbone qui sera enterrée avant même d'avoir été envisagée sérieusement, le maïs transgénique, les transports et le nucléaire, ou encore les insecticides. En 2011, Paris rejettera même la directive européenne sur les carburants, arrachée par le parlement européen à l'industrie pétrolière mais dont Total ne voulait pas à cause de l'intérêt pour le pétrolier français pour les sables bitumineux.

La catastrophe de Fukushima ne fera pas broncher Nicolas Sarkozy, qui enverra Eric Besson  écumer les plateaux de télévision pour expliquer à la France entière que le nucléaire (la fission nucléaire civile) est la base de notre autonomie énergétique et qu'un plan de sortie du nucléaire, même sur une longue durée, mettrait notre pays à feu et à sang.

On savait que Nicolas Sarkozy n'était pas un écologiste. Sur l'environnement, nous n'attendions rien de lui. Il ne nous a pas déçu. Pour le Président Bling-Bling, il semble difficile de comprendre la consubstantialité entre qualité de vie et qualité de l’environnement. Il ne différencie toujours pas la « croissance » (du PIB) et le « développement durable ». Il est pourtant évident que si notre écosystème nous devient hostile, les questions de dettes financières, de viande halal ou de suppression de postes d'enseignants deviendront … comment dire … annexes. Nicolas Sarkozy, sur ce sujet comme sur tant d'autres, est passé à côté de l'Histoire, qui s'écrira sans lui.  

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