Sarko 2007-2012, le Best-of épisode 15 : Un plan de relance minimaliste

Publié le par l'agora de Bretagne

A l'occasion des élections présidentielles, et pour se détendre (ou se faire peur c'est selon), l'agora de Bretagne vous offre un petit voyage dans le temps. Revenons en 30 jours sur 30 évènements symboliques de période Sarkozyste. L'agora de Bretagne est heureuse de vous proposer, Sarko 2007-2012, le Best-of !

En ce 17 Avril 2012, N°15 : Un plan de sauvetage des banques généreux et un plan de relance a minima

 

agora relance 

Il convient de ne pas confondre le plan de sauvetage des banques françaises et le plan de relance.

Le plan de sauvetage de banques, proposé en octobre 2008, a consisté en grande partie à emprunter sur les marchés financiers à la place des banques elles-mêmes pour leur prêter dans un second temps. 360 milliard d'euros étaient prévus. Finalement, l'état aura déboursé 173 milliards d'euros pour les banques (9,1% du PIB). Ce plan aura permis de maintenir momentanément le niveau des crédits accordés par les banques aux particuliers et aux entreprises. Mais la « moralisation » du système bancaire français, notamment en terme de rémunération, n'aura jamais été faite. Par ailleurs, contrairement à beaucoup de pays « libéraux » comme les États-unis ou l'Angleterre, l'état français aura délibérément rejeté l'idée de nationaliser ou de contrôler les banques en n'entrant au capital de ces dernières que sous la forme d'actions « de préférences » ne permettant pas le vote au CA.

Grâce aux taux d'intérêt proposés aux banques (4%), supérieurs à ceux auxquels l'état empruntait sur les marchés financiers, ce plan de sauvetage est supposé avoir rapporté de l'argent à l'état. Près de 2 milliards si on en croit le gouvernement. Un détail reste tout de même inquiétant. Ce plan a fait progresser la dette de l'état pour sauver des banques privées qui ont eu un comportement irresponsable dans l'utilisation de l'épargne des français. Or cette dette publique est justement celle qui est aujourd'hui attaquée par les marchés financiers … La boucle semble bouclée. Combien, ces quelques 200 milliards d'euros, pèseront-ils dans la balance lorsque les marchés s'attaqueront réellement à la dette française ?

Enfin, dans le cadre de ce plan, l'état détenait 15,19% de BNP Paribas, 7,2% de la Société Générale et 5,7% de Dexia. Or on sait que cette dernière a fait faillite depuis. Les 28 milliards déjà injectés par l'état dans Dexia ont-ils été perdus ?

Pour le plan de relance, annoncé en décembre 2008, Nicolas Sarkozy a vu beaucoup plus petit. Ce plan était fait d'un amas de mesures disparates sans véritable cohérence et sans vision d'avenir. Un volet social, de 2,6 milliards d'euros,comprenant notamment des mesures sur le chômage partiel, une prime pour les chômeurs n'ayant pas assez cotisé pour toucher des indemnités ou encore, une réduction d'impôts sur le revenus pour les deux premières tranches.

A cela s'ajoute un plan de relance appuyés sur des grands projets : 4 ligne LGV, le canal Seine-Nord, un deuxième EPR et un tunnel parallèle au tunnel de Fréjus. Ces projets ont été estimés à 10 milliards d'euros et peuvent être considérés comme le véritable «plan de relance ». Les autres mesures étant essentiellement des mesures de traitement social des dégâts de la crise ou des mesures financières de sauvegarde (entreprises, banques, collectivités).

D'après la cour des comptes, ce plan « de relance » aura coûté 34 milliards d'euros, ce qui représente 1,4% du PIB dont 11 milliards dans des mesures permettant d'assurer de la trésorerie aux entreprises et aux collectivités locales (FC TVA).

Le bilan est critiquable. La cour des comptes estime à 18 à 72 000 le nombres d'emplois créées, auxquels il convient d'ajouter des emplois sauvegardés. Le gouvernement tablait sur 400 000 emplois. Les fonds versés aux collectivités leur auront essentiellement servi à faire de la trésorerie et n'auront pas permis de relancer l'investissement. Elles auront simplement assurés le financement à court terme des investissements prévus. La consommation aura été maintenue mais en trompe l'œil puisque c'est la « prime à la casse » qui aura masqué la baisse. L'impact sur la croissance aura été faible : 0,5% selon la cour dirigée par Dider Migault. La même cour des comptes estime donc que le coût du plan de relance (1,4% de PIB) est plus élevé que son bénéfice (0,5% de PIB).

La suite tout le monde la connait. La zone euro va commencée à être attaquée sur sa dette publique quelques mois plus tard. La plupart des pays auront « socialisé » les crédits pourris des banques. Cette crise de la zone euros servira de prétexte à d'impressionnantes mesures d'austérité dans toute l'Europe qui vont venir percuter de plein de fouet toute forme et tout espoir de relance.

La conclusion sur ces plans de sauvetage et de relance, achevés dans l'austérité est très simple. Nicolas Sarkozy n'aura jamais réussi à se défaire de ses dogmes conservateurs et ultra libéraux. Il a aidé les banques au nom de l'état français sans entrer au conseil d'administration. Il aura mis en place une prime à la casse qui aura bénéficié aux petites voitures importées d'Europe de l'Est ou du Sud. Il aura fait un plan de relance à minima qui aura eu un effet minimal quand ces alter-ego anglais et américains, supposés ultra-libéraux, prenaient le contrôle des banques les plus atteintes et relançaient de manière bien plus volontariste.

Le résultat de cette apathie risque de ne se voir que dans quelques années … Nicolas Sarkozy sera peut-être alors en congé paternité prolongé et n'en entendra plus parler. Pourtant, la période 2008-2011 a été un période clé où il était encore temps de sauver l'économie européenne, la Grèce, l'Espagne, l'Italie, l'Irlande, le Portugal et l'Euro. Aujourd'hui, l'incertitude est totale.

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