N° 24 : Sarko, le "best of" : Le président des riches

Publié le par l'agora de Bretagne

 

A l'occasion des élections présidentielles, et pour se détendre (ou se faire peur c'est selon), l'agora de Bretagne vous offre un petit voyage dans le temps. Revenons en 30 jours sur 30 évènements symboliques de période Sarkozyste. L'agora de Bretagne est heureuse de vous proposer, Sarko 2007-2012, le Best-of !

 

En ce 4 Avril 2012, N°24 : Le président des riches

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Au cours de cette campagne des élections présidentielles de 2012, Nicolas SARKOZY a toutes les peines du monde à se défaire de cette image qui lui colle à la peau : Président des riches.

De nombreux éléments sont venus étayer cette impression. Cette image de Nicolas Sarkozy proche des milieux d’affaires, des grandes fortunes et du show business préexistait à son élection à la tête du pays. Bien évidemment, il y a l’image de Neuilly sur Seine, supposée ville la plus riche de France (elle n’est « que » 5èmeen terme de revenu par habitant d’après l’INSEE). Chacun connait la proximité de N.Sarkozy avec Bernard Arnault, première fortune de France et témoin de son mariage avec Cécilia. Martin Bouygues est le parrain du petit Louis. On sait qu’il est proche d’Arnaud Lagardère (qu’il a publiquement qualifié de « frère »), d’Edouard de Rothschild mais aussi de François Pinault et bien sûr de Serge Dassault. La liste serait trop longue pour être exhaustif ici. Cette proximité avec les grands patrons s’est d’ailleurs traduite, lors de son mandat, par des nominations polémiques : S.Richard chez FT, H.Proglio à l’EDF, Pierre Mariani, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy à Bercy, chez Dexia, L.Solly, directeur de campagne adjoint en 2007, nommé à la direction de TF1 au lendemain de la victoire et surtout François Pérol, nommé à la tête de la banque née de la fusion Banque Populaire-Caisse d’Epargne alors qu’il avait lui-même piloté la fusion depuis l’Elysée. Ces nominations ont sonnées aux yeux de l’opinion comme des retours d’ascendeurs vis-à-vis des « amis », pourtant déjà très bien lotis … et ont consolidé l’image de N.Sarkozy, homme du clan des grandes fortunes, qui met l’état au service de la grande bourgeoisie. Finalement, cela ressemble à un grand retour de la lutte des classes de Karl Marx … mais à l’envers.

La campagne présidentielle de 2007 a encore renforcé cette image puisque chacun sait que N.Sarkozy et son trésorier, le fidèle Eric Woerth, sont allés faire les poches de richissimes Français, y compris des évadés fiscaux, avec une promesse à la clé : le bouclier fiscal. On apprendra que plus tard que Liliane Bettencourt aurait, elle aussi, été mise à contribution lors de cette campagne … l’enquête est en cours.

A peine élu, Nicolas Sarkozy ne fera rien pour gommer cette image d’ami des plus grandes fortunes : le dîner du Fouquet’s, l’escapade au large de Malte sur le Yacht de Vincent Bolloré (autre grand patron ami), le soutien émouvant de Johnny Hallyday le soir même de l’élection et surtout le triplement de son propre salaire. Nicolas Sarkozy assumera pleinement ce statut en faisant de la loi TEPA et de son fameux bouclier fiscal, la première grande loi votée par sa nouvelle majorité, dès l’été 2007. Après cet épisode, il est devenu, semble-t-il de manière définitive, le Président des riches. Il enchaînera avec des vacances au frais de grandes milliardaires : à Wolfeboro, dans le New Hampshire (USA), puis dans une résidence de luxe du sud du Mexique appartenant au milliardaire mexicain Roberto Hernandez Ramirez, soupçonné de tremper dans le narco-trafic, et enfin à Petra, dans une résidence prêtée par le roi Abdallah 2 ; voyage dont restera l’image pathétique du fils de Carla Bruni se cachant les yeux pour ne pas voir la meute des journalistes qui le prend en photo sur les épaules de son nouveau beau-père. N’oublions pas non plus les passages plus furtifs à Louxor (Egypte) ou à Marrakech (Maroc), toujours au frais du roi ou … du dictateur local. Evidemment, le bling-bling, les Ray-Bann et la fameuse phrase de Jacques Séguéla sur les Rolex n’ont rien arrangé.

On pourrait aussi s’attarder sur cette forme d’obsession pour l’argent qui anime notre Président actuel. Quelques phrase à ce sujet sont restées célèbres comme, « Un jour, j'irai faire du fric », citée dans le livre de Renaud Dély et Didier Hassoux, opportunément intitulé "Sarkozy et l'argent roi" (Calmann-Lévy). Mais aussi, la phrase prononcé à Stéphane Richard, au moment de lui remettre la légion d’honneur : « tu es riche, tu as une belle maison, tu as fait fortune... Peut-être y parviendrai-je moi-même. ».

 

Le marqueur le plus prégnant de cette présidence par et pour les riches restera malgré tout la politique fiscale mise en œuvre. D’après la fondation Terra Nova, proche du PS, sur les 34 milliards distribués aux ménages, plus de la moitié (54%) est allée aux ménages aisés, (18 milliards d'€) et 60% des montants totaux redistribués (50 milliards d'euros sur 84) ont été fléchés vers les entreprises surtout pour améliorer la compétitivité coût(33 milliards) au détriment de "la compétitivité qualité (3 milliards pour le crédit d'impôt recherche, et 14 milliards pour le programme d'investissement d'avenir). Plus de la moitié de cette redistribution a été opérée par la loi TEPA déjà citée. Les allègements fiscaux vers les ménages les plus aisés et vers les entreprises ont représentés 4 points de PIB. Sans ces cadeaux, la dette du pays par rapport au PIB serait aujourd’hui inférieure à celle de l’Allemagne.

Sarkozy a donc bien été le Président qui a favorisé les ménages les plus aisés, les grandes entreprises, les grands patrons et les grosses fortunes et qui aura, tant dans sa politique que dans son comportement, été « décomplexé vis-à-vis de l’argent » dans une société française jugée corsetée sur ce sujet ; trop égalitaire aux yeux de l’ami des milliardaires ... Son propre patrimoine se serait accru de plusieurs centaines de milliers d’€ en 5 ans malgré un divorce coûteux.

Nul ne peut dire ce que l’Histoire retiendra mais il y a fort à parier que si N.Sarkozy ne reste pas, dans les livres d’Histoire de nos enfants, le Président qui a conduit la France et la zone Euro à la faillite, il pourrait bien être perçu pour longtemps comme le « Président des riches ».

 

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