Sondages : une autre clé de lecture

Publié le par l'agora de Bretagne

Par Nicolas KERDRAON

 

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« Sondage 2012 : Progression de Sarkozy, Le Pen et Bayrou ». Voilà le titre que l’on peut lire sur le site web de France Soir le 12 janvier. Pour les Echos : « Présidentielle : l'écart se resserre entre les quatre principaux candidats ». Le sondage a été produit par Opinion Way Fiducial. En consultant les chiffres, on constate que les trois candidats cités progressent tous d’un point dans un sondage dont la marge d’erreur est de 2 à 3% par rapport au dernier sondage Opinion-Way daté de mi-décembre.

 

François Hollande est quand à lui stable au 1er tour et au second tour. Le titre aurait donc pu être « Sarkozy toujours loin derrière au second tour », « Bayrou et Le Pen confirment », « Hollande se maintient en tête », etc. La presse, ayant en main tous les sondages de tous les instituts, doit être capable d’extrapoler des tendances générales et ne pas si limiter à comparer deux valeurs brutes issues de deux sondages espacés d’un mois.

 

Si on extrait de tous les sondages en notre possession depuis deux mois les chiffres des deux candidats qui mènent la course, cela donne les courbes suivantes :

 

 

Si on exclu les chiffres de Novembre, « perturbés » par la primaire socialiste qui avait porté François Hollande à des niveaux irréalistes, on voit que l’écart entre les deux principaux candidats est sensiblement le même. Les courbes de tendances (polynomiales de degré 2) que l’on peut créer avec un simple tableur « open source », montrent que François Hollande est globalement stable depuis le mois de décembre aux deux tours (courbes rouge et rose) et même en léger regain de forme à l’approche de son grand discours du 22 Janvier, quand Nicolas Sarkozy lui, connait un certain « tassement » progressif, qui le met en danger au premier tour.

 

Tous ces sondages nous apprennent surtout que Marine Le Pen se maintient à un niveau très élevé (20%) et que François Bayrou est parti pour nous refaire le coup de 2007 (13,5%). La leçon de tout cela est surtout que François Hollande étant stable malgré les attaques, les mensonges et les insultes, il a devant lui un boulevard pour enfin faire de la politique et élever le niveau des débats.

 

La clé sera l’annonce de son projet. S’il parvient à rassurer, voire à enthousiasmer quelques électeurs qui se tournent aujourd’hui vers François Bayrou, alors il devrait réussir à cristalliser son électorat, aux deux tours, jusqu’au mois d’avril. Il semble qu’il soit temps de se lancer à l’attaque pour « tuer le match » comme on dit au football. Seules l’apathie et la mollesse semblent aujourd’hui pouvoir le déstabiliser réellement. 

 

La dette n’empêche pas de proposer un nouveau pacte républicain aux Français, ni de rendre aux médias ou à la justice leur indépendance. La crise impose aussi une nouvelle et vaste décentralisation appuyée sur une vision apaisée et ambitieuse des relations entre l’Europe, l’Etat et les collectivités locales, visant à l’émergence d’une économie dynamique, responsable et distribuée. 

 

Au-delà des postes, François Hollande devra convaincre sur sa vision de l’école, de la culture et de l’information dans la société et devra aussi dessiner une réforme fiscale d’ampleur qui remette de la justice dans notre système. Le candidat socialiste se doit aussi de répondre au défi écologique en imposant le respect de l’environnement dans toute décision d’Etat et en initiant l’évolution de notre économie vers un modèle durable, c'est-à-dire ne consommant que des ressources pérennes et ne produisant que des déchets recyclables. Il doit poser aussi les bases d’une démocratie économique et sociale vivante et constructive. Enfin, il se doit de remettre la lutte contre le chômage au cœur de toute politique économique locale, nationale et européenne. 

 

 

Publié dans POLITIQUE

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